Diminution de la biomasse microbienne dans des sols forestiers suite à des épisodes de défoliation par la livrée des forêts (Malacosoma disstria)

Quoi:
Poster session
Partie de:
Quand:
vendredi 20 déc.   11:30 AM à 12:30 PM (1 heure)
Où:
Salle ABCD
Discussion:
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La livrée des forêts est un important insecte défoliateur qui provoque des épidémies cycliques dans nos forêts feuillues. Une épidémie de la livrée implique une diminution de feuillage qui arrive au sol et, de par ses fèces, un nouvel apport de nutriments au système. Ce changement au-dessus du sol pourrait avoir un effet sur les communautés microbiennes du sol, non seulement à cause du défoliateur, mais aussi suite à la réponse de l’arbre à ce stress. Notre objectif était d’estimer l’impact d’une épidémie de défoliation importante survenu en 2017 (et une légère en 2018) dans deux sites forestiers au Québec sur la biomasse microbienne ainsi que le ratio champigons/bactéries dans les sols. Nous avons échantillonné le sol dans des secteurs de peuplements à la Forêt d'enseignement et de recherche du Lac Duparquet (Abitibi, Qc) et à la Réserve naturelle de Kenauk (Outaouais, Qc) ayant subi une défoliation (n=7, 8) ou sans défoliation (n=6, 8) en août 2017 et 2018. Les sols étaient récoltés à deux profondeurs, de 0 à 5 cm et de 5 à 10 cm, sous des peupliers faux-trembles Populus tremuloides (Abitibi) et des érables à sucre Acer Saccharum (Outaouais). La respiration microbienne totale était mesurée via un protocole de détection colorimétrique en micro-plaques (MicroResp) et un calcul d’équivalence proportionnelle à la respiration induite par le glucose (ug CO2-Cg-1h-1). La proportion de biomasse fongique a été estimé suite à l’ajout d’un inhibiteur bactérien (FungiResp). Nos résultats ont démontré une diminution de moitié de la biomasse microbienne sous les arbres défoliés par rapport aux témoins dans la couche supérieure du sol. La biomasse microbienne était dominée par les champignons (75-80%) et cette proportion est restée constante, mais était plus variable dans la couche profonde de 5 à 10 cm. Ainsi, nos résultats démontrent qu'une épidémie de défoliation a un effet rapide et à court terme sur l'abondance microbienne dans la couche supérieure du sol (0 à 5 cm). Une réallocation du carbone par l’arbre vers la régénération de feuillage au lieu de vers ses racines pourrait expliquer ces résultats. L’analyse d’échantillons prélevés à l’été 2019 qui fut une année sans épidémie viendra nous informer sur le retour à l’équilibre du système microbien.

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