Reshuffling of Knowledge and the Making of Autochthonous Cultural Heritage : Ethnographical Perspectives II | Mise en patrimoine et recomposition de régimes de savoir. Ethnographies d’expériences autochtones II

Track:
Heritage Changes the Local Societies
What:
Regular session
When:
Sunday Jun 05   09:00 AM to 12:30 PM (3 hours 30 minutes)
Discussion:
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Heritagization (the various means by which cultural features—either material or immaterial—are turned into a people’s heritage) has recently become, for Amerindian groups, a major means to gain visibility and recognition in the new Latin American social and political landscapes where cultural diversity is endowed with an increasingly critical role. Different forms of cultural heritagization have largely been studied elsewhere, particularly in North America. However, they are far less known in Meso- and South America, especially among Amerindian peoples. For them, the notions of what ought to be preserved or forgotten, the ways knowledge and assets are transmitted, and the regimes of historicity often seem to go against the very grain of heritagization as delineated according to Western views. Besides this issue, due to outside mediation, teachings and influence, Amerindian peoples are now transforming some of their practices into items, which are more objectifiable for the Others, implying new modes of transmission for the younger generation.
The specific forms of remembrance among Amerindian minorities, therefore, display a twofold dimension. On the one hand, they are fostered within their very own localized cultural and social mould. On the other hand, they are now also, quite often, used within a globalized world as a means of reinforcing collective identities, or even new forms of indigenousness. Analyzing the patrimonial patterns that can be found during fieldwork consequently requires solving how all this is forced upon and adopted by people, but also understanding how Native actors manage, in response, to reclaim the right to handle their own cultural narratives and establish them as a source for the statement of their very own identity.
These topics were at the core of the project FABRIQ’AM (http://fabriqam.hypotheses.org). This session will be an opportunity to share the results of some analyses carried out in this project as well as to develop a comparative approach by including works from other cultural contexts. Based on a fine-grained ethnography of case studies, the contributions should analyze the processes of transformation triggered by the heritagization of cultural items in socially and culturally minorized societies across the world. The main focus will be on changes concerning the local conceptions of knowledge and transmission, of time and historicity, and of the life of cultural objects and artefacts (from the most intimate spheres to the tourist handicraft market, from the private/secret to the public domain…).
Through the study of cultural heritagization, which reveals individual options, strategies of self-definition and political agendas, the ambition of this session is to help decipher how Native peoples strive to fit into modernized society and how they negotiate with different patterns of knowledge and historicity.
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La «mise en patrimoine» d’éléments culturels, matériels et immatériels, devient depuis plusieurs années l’un des moyens par lesquels les groupes amérindiens recherchent une visibilité et une reconnaissance dans un paysage social et politique marqué aujourd’hui dans la plupart des pays américains par une valorisation affichée de la diversité culturelle.
Les phénomènes de patrimonialisation culturelle, amplement étudiés ailleurs (surtout en Amérique du Nord) sont moins connus dans les espaces méso et sud-américains et encore moins chez les sociétés amérindiennes. Au sein de ces groupes, les conceptions de ce qui doit être conservé ou  oublié, les manières de transmettre les connaissances et les savoirs, les modes d’historicité semblent bien souvent aller à l’encontre de l’idée même de la patrimonialisation telle qu’on l’entend dans le monde eurocentré. Par ailleurs, à la suite des médiations et des formes d’inculcation de schèmes formulées en dehors des sociétés amérindiennes, celles-ci transforment aujourd’hui certaines de leurs pratiques en nouvelles formes plus objectivables pour l’extérieur et qui participent de modalités inédites de transmission aux nouvelles générations.
Les formes de transmission mémorielle des sociétés amérindiennes ont alors une double dimension. D’une part, elles se construisent dans une matrice culturelle et sociale locale qui leur est propre. D’autre part, elles sont aussi, pour beaucoup, désormais investies au sein d’un monde globalisé en tant que ressources mobilisables pour conforter une identité collective, voire de nouvelles formes d’indianité. L’analyse des configurations patrimoniales que l’on peut observer sur le terrain demande alors une élucidation de ces formes d’adaptation mais aussi la compréhension de la manière dont les acteurs indigènes ont su, en retour, se réapproprier un droit à construire un discours propre sur leur culture.
Ces thématiques ont été étudiées au sein du projet FABRIQ’AM (http://fabriqam.hypotheses.org). Cette session, qui se veut ouverte à d’autres contextes, sera l’occasion de présenter dans une visée comparative certaines recherches issues de ce projet ainsi que d’autres travaux réalisés sous cet angle concernant d’autres aires culturelles. Les communications s’attacheront à élucider, à partir d’études de cas finement ethnographiés, les processus de transformation suscités par «la mise en patrimoine» dans des sociétés culturellement et socialement minorisées à travers le monde. On s’intéressera notamment aux changements affectant les régimes de savoir, les régimes de temporalité et d’historicité ainsi que ceux concernant le devenir d’objets/artéfacts (de la sphère intime à l’artisanat touristique, du privé/secret au public…). À travers l’étude de la patrimonialisation culturelle, prise comme révélatrice de jeux d’acteurs, de stratégies de définition de soi et de construction du politique, l’enjeu est d’aborder les modalités de l’insertion dans la modernisation des sociétés étudiées et leur capacité à l’investir, en mettant au jour les formes de cohabitation et de composition de régimes de savoirs et d’historicité.
Moderator
CNRS, FABRIQ’AM project, France
Research director
Moderator
CNRS, FABRIQ’AM project, France
Researcher

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